Jur

Il y a dans l’univers de JUR des chapiteaux où le cirque se fait contemporain, où les corps s’expriment. Il y a l’accent catalan d’une chanteuse à la voix chaude et des chansons folk à la Léonard Cohen. Il y a des photographies qui ont capturé des cris d’enfants. Et il y a l’ombre bienveillante d’un Tony GATLIF qui a choisi une de leurs chansons pour son prochain film, à venir en octobre. L’univers de JUR ne ressemble à aucun autre, on part pour un voyage dans un monde inexploré.
JUR, un prénom, celui de la chanteuse catalane Jur Domingo. Ou plutôt JUR, un groupe comme un seul et unique corps, formé par quatre membres : Nicolas Arnould, Jean-Baptiste Maillet, Julien Vittecoq et Jur Domingo. Justement, c’est par le travail du corps comme matière, comme moyen d’expression, que se sont un jour rencontrés ces artistes. Car leur album a été écrit le soir au cours des tournées, dans les loges des théâtres après les spectacles de cirque, à l’arrière des chapiteaux, dans les silences offerts par les rideaux qui tombent. Ce sont les arts du cirque qui sont le point de rencontre de Jur et Julien, les deux fondateurs du projet.

Jur Domingo, naît en 1981 à Barcelone, fréquente les écoles de cirque de Barcelone et Madrid. À 23 ans, elle entre au Lido, centre des arts du cirque de Toulouse et c’est là qu’elle rencontre Julien Vittecoq. Julien naît en 1980 en région parisienne. Il étudie très tôt le piano, puis la guitare et l’accordéon en autodidacte. Il se passionne aussi pour la photographie. Il monte deux expositions, Pause (2009) et Cridar (2013). Il fait une rencontre décisive en 2002, celle du chorégraphe post-modern Andy Degroat et décide de faire de la danse son métier. Il intègre la compagnie Red Note, se forme à l’école internationale de mimodrame Marcel Marceau puis au centre des arts du cirque de Toulouse. Il développe sa propre technique acrobatique et créé sa compagnie avec Jur, Cridacompany. Entre cirque, danse, chant et performance, cinq spectacles sont écrits en sept ans, salués par la presse.

Mais Jur et Julien ont une autre passion commune, la musique. Si Jur a très tôt été bercée par la musique catalane (Joan Manuel Serrat), Léonard Cohen, Tina Turner, ce sont Gainsbourg, Bashung, Arno et Brigitte Fontaine qui ont accompagné Julien tout au long de sa vie. Alors les soirs après les répétitions, ils s’amusent à improviser au chant et à la guitare, et c’est ainsi que naissent les chansons de JUR, transportées, travaillées, perfectionnées au long des tournées de la compagnie. Viennent les premiers concerts.
Nicolas Arnould, guitariste et ami de longue date rejoint le duo, bientôt suivi par Jean-Baptiste Maillet à la batterie. Le groupe donne plus de deux-cents concerts, en France et en Espagne, des concerts où cirque et musique s’entremêlent et dessinent les contours d’un univers atypique.

JUR est revenu avec un troisième album, « Fossile ». Un album touchant, empreint d’une mélancolie tendre, où les mélodies nous agrippent, nous tirent par la manche (« A boca llena », « Cuidado »), un album où l’on déambule dans l’univers lointain de Jur et de ses acolytes, dans leurs songes, dans leurs têtes (« Imaginoir »), dans leurs frissons.