Sophie Maurin

Une cascade de notes qui s’épanche en un ruissellement d’arpèges, un piano ragtime, l’humeur bluesy d’un violoncelle, une voix féminine libre comme l’air qui fait le mur, vocalise, croise l’anglais et le français en une joute amusée et affranchie de toute contrainte. En perpétuel mouvement, la musique de Sophie Maurin donne l’impression de se créer en même temps qu’elle s’écoute. Un tour de force pour cette auteur-compositeur-interprète, originaire du Var, pianiste classique de formation. 

L’impression de facilité, de légèreté, qui se dégage de ses chansons, comme Far Away, son premier single, est pourtant trompeuse. En bonne architecte, ce qu’elle était à la ville avant de signer son premier contrat discographique, la musicienne, qui coréalise ses morceaux avec Florent Livet & Jeremy Verlet, a minutieusement échafaudé ses arrangements, structuré son projet en soignant le moindre détail : cordes, toypiano, kalimba, clarinette, vibraphone, percussions, ainsi qu’une splendide section de cuivres, swinguent ensemble ou séparément. Si le résultat ne sonne jamais trop produit, et garde son aspect organique, chaleureux, acoustique oblige, on est bluffé par l’invention musicale, le foisonnement de petits riens (les chœurs fantomatiques sur Ma Maison Désaccordée, le claquement de ciseaux pour marquer le tempo sur Ciseaux) qui forment un grand tout. Un côté presque artisanal, à l’image de l’enregistrement de l’album qui s’est effectué dans plusieurs lieux choisis avec soin: le studio de la Frette, puis l’ancien Conservatoire de Musique de l’artiste ainsi que le garage de son père en Provence et enfin le studio Motorbass à Paris.